Patrimoine.

La fabrique de pâtes de Puget-Théniers

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François Boyer, boulanger de formation décide à l’occasion de son mariage en 1906 de créer une fabrique de pâtes alimentaires à Puget-Théniers.

Il n’en existe alors aucune entre Nice et Digne. Son rapide succès commercial s’explique aisément. On consomme quotidiennement des pâtes dans la soupe. De plus, de nombreux ouvriers, pour la plupart italiens, employés à la construction du chemin de fer augmentent sa clientèle. Outre de fournir les environs immédiats, il expédie de lourdes corbeilles en osier contenant 50 à 60 kilos de pâtes par le chemin de fer vers Entrevaux ou Annot. Enfin il complète son activité en vendant des produits de premières nécessités, comme le sucre, le riz, les bougies, le savon… Dans un premier temps, la fabrique est installée au rez-de-chaussée de la Place de Gaulle, mais les deux presses, fondues par les établissements Giordan à Nice, vibrent tellement que l’immeuble en tremble.  François Boyer est contraint de les déplacer et décide d’aménager le sous-sol faisant face au jardin en contrebas. La fabrique est prospère  malgré les difficultés d’approvisionnement électrique stoppant pétrin et presse lorsque les turbines hydrauliques des deux fournisseurs locaux, Miquelis ou Brouchier, sont affectées par  les pannes, les orages ou la sécheresse… Mobilisé comme soldat boulanger, François Boyer confie l’affaire à son frère Paul déclaré inapte au service actif jusqu’en 1918. L’entreprise emploie huit personnes (deux italiens affectés à la fabrication, cinq ou six femmes au séchage et aux emballages. François et Paul Boyer se changent de la préparation des commandes.
En 1924, François Boyer cède la gérance à son frère Paul qui s’associe à M. Echassoux qui modernise. Les presses à vis sont remplacées par deux presses à double cloche hydraulique. Au décès sa femme, il cède sa part en 1929 à deux associés Jean Raybaud et Baptistin Bottiliengo. Suite à des discordes, Baptistin Bottiliengo reste seul associé de Paul Boyer en 1934. René Boyer, fils de François après des études hôtelières entend reprendre l’affaire. Il apprend son métier comme vermicellier dans la fabrique de pâtes de M. Santagostino située route de Turin à Nice. Début 1936, il s’associe avec Baptistin Bottiliengo. La concurrence est rude, pas moins de 58 fabricants sont recensés dans les Alpes-Maritimes. La fabrique de taille modeste produit 10 à 18 quintaux par jour.  Elle fournit le canton Annot, quelques clients isolés à Saint-André les Alpes, les cantons de Guillaumes et Puget-Théniers et une partie de la vallée de la Tinée et de la Vésubie. La crise économique sévère de 1935 réduit considérablement les marges. La semoule s’achète à 1f30 le kg alors que le prix des pâtes varie entre 2f10 et 2f40 le kg. Fin 1940, François Boyer convint Baptistin Bottiliengo de lui vendre sa part. René Boyer se retrouve à la tête de la fabrique. Après guerre René Boyer tente de résister  face à Rivoire et Carret, seul fabricant a présenté sa marchandise en étuis carton de 250 gr et à Panzani, qui dès 1949, se sert de la publicité papier et radio pour révolutionner le marché.  Il dépose deux marques. Sur les sachets en papier cristal blanc de la première : « les Pâtes du Mont Mounier » est imprimé la devise : « Du sommet du mont au sommet de la qualité ». La seconde  « Bébé » sachet de couleur cristal jaune cible la clientèle.  Tardivement en 1949,  René Boyer décide d’acheter une presse automatique avec un rendement de 120 à 150 kg par heure. Mais la qualité n’est pas au rendez-vous et au bout de quelques années d’efforts pour essayer de s’adapter René Boyer revient à la fabrication avec des pétrins et des laminoirs. Parallèlement les habitudes alimentaires changent. Moins de pâtes, plus de laitages et de viande… Les cheveux d’ange font de moins en moins le bonheur. D’autant plus qu’un nouveau concurrent, Raymond Dol, s’installe à Saint-André-les-Alpes avec du matériel très moderne. Ciblant le littoral il ne fait pas défaut à René Boyer mais le marché devant de plus restreint, il se rabat sur les vallées et provoque le dépôt de bilan de la fabrique pugétoise au début de l’année 1954. René Boyer devient grossiste et Raymond Dol lui aussi concurrencé est mis en faillite l’année suivante.

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