Capitaine François

L’ASSASSINAT COLLECTIF DE ST JULIEN DU VERDON

 

saintjulien

 

Notre récit de la fin des deux prisonniers allemands à Saint-André jeta la consternation à l’Etat-Major de Sapin où le commandant de la zone Sud pour l’ORA, le colonel Zeller, effectuait une visite d’inspection. Nous étions le 10 juin, le débarquement de Normandie était en train de réussir et les Allemands bien décidés à nettoyer leurs arrières: notre rôle à nous, était de gêner au maximum les mouvements de leurs troupes;

 

gueydanNous y réussîmes en interrompant la route Nice-Digne par la destruction du Pont-de-Gueydan; l’embuscade avait tué onze Allemands; leur riposte ne se fit pas attendre: neuf otages furent tirés de la prison de Nice dans la nuit du 10 au 11 juin; on leur demanda d’emporter leurs affaires et leurs papiers en leur racontant qu’ils allaient être libérés; ils furent embarqués dans une camionnette et un petit convoi prit la route de Castellane.

 

Arrivé à Saint-Julien du Verdon, le convoi s’arrêta, on les fit débarquer dans un petit champ au bord de la route et on les abattit, tous les neuf à la mitraillette alors qu’ils s’enfuyaient en courant, croyaient-ils, vers la liberté…

In Memoriam!

LES FUSILLES DE ST JULIEN DU VERDON (11 juin 1944)

stele1-Adam Jacques, 23 ans, étudiant, Nice – AUBE Césaire, 17 ans, lycéen, Nice – BARDO Georges, 48 ans, agent d’assurances, Nice – CAMPAN Gilbert, 17 ans, lycéen, Nice – CASIMIRI Nonce, 45 ans, agent P.T.T., Puget-Théniers – DEMONCEAU Roger, 18 ans, lycéen, Nice – GALLO Francis, 18 ans, lycéen, Nice – MAGNAN Aimé, 30 ans) cultivateurs MAGNAN Roger, 21 ans) Puget-Théniers

 

 

stele

Le détail de cette horrible exécution m’a été raconté par le curé Isnard dont l’église était proche, et qui se rendit sur les lieux, alerté par les rafales de mitraillettes; deux des victimes avaient survécu quelques heures et il avait pu les faire porter dans son église; c’était Adam, un F.T.P. des Basses-Alpes étudiant à Nice, et l’un des frères Magnan, Aimé, l’autre Roger avait été tué sur le coup.

 

Ils déclarèrent au curé que ceux qui les avaient exécutés n’étaient pas des Allemands, mais des miliciens déguisés qui parlaient français entre eux.
Je venais d’arriver à Colmars quand, par le téléphone arabe, on nous informa de ce drame, et je vins aussitôt à Saint-Julien pour tenter d’identifier les victimes; il fallut d’abord les exhumer et les laver car on avait hâtivement recouvert les corps de terre: nous pleurions de rage et de douleur en le faisant; il y avait là trois de mes hommes: Nonce Casimiri;qui avait été arrêté le 29 avril à Puget-Théniers, et les deux frères Magnan Aimé et Roger, également de Puget-Théniers. Il y avait Adam que j’avais connu lorsqu’il était venu prendre livraison à Puget-Rostang, du matériel qui avait été parachuté pour son maquis sur Dina, une belle nuit d’avril.


isnardLeur groupe était dirigé par un lieutenant à la retraite nommé Antomarchi.
Il y avait aussi cinq élèves du Lycée Masséna de Nice qui avaient décidé un jour de rejoindre la Résistance du côté de Levens mais qui, n’ayant aucune adresse, avaient fini par revenir et s’étaient fait intercepter au retour.

Les deux autres étaient des otages que je ne connaissais pas, mais qui ne méritaient pas non plus une pareille mort.

Le curé Isnard;prévint les familles et je retournai à mon poste à Colmars, bien décidé à ne pas laisser ces morts impunies: j’avais avec moi des parents proches des victimes, le fils de Casimiri et un frère Magnan; leur douleur était immense et ils auraient été capables, à ce moment, d’exercer les vengeances les plus atroces: on ne devait malheureusement jamais identifier (ou vouloir identifier ?) les assassins qui, plus de quarante ans après, n’ont toujours pas reçu leur châtiment!
Quel que soit le prix dont il fallait les payer, les sabotages des voies de communication de l’ennemi devaient pourtant continuer: il fallait interdire aux Allemands d’amener leurs renforts vers le Nord et la route Digne-Nice était un des axes qu’ils utilisaient: nous devions donc la rendre impraticable; nous devions aussi penser à interdire l’accès de nos refuges de la montagne; les mois de juin et juillet furent occupés à réaliser ces objectifs.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.