Le livre de la semaine

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Par Jeanne Thiriet. Fuyant le régime d’Hitler, et la nuit des autodafés,  une petite communauté d’artistes et intellectuels allemands se retrouvent à Sanary- sur-mer en France.  C’est l’histoire que nous raconte Michèle Kahn à travers, aussi, son passage à Beuil où elle s’était réfugiée.

Le narrateur de cette histoire, c’est Max Hoka, critique d’art et Allemand. Il a croisé à Cologne l’explosion de l’art moderne. Au travers de lettres à une jeune amie et future peintre, il raconte son exil à Sanary, devenue « la capitale de la littérature allemande », entre 1933 et 1939, comme l’écrira Ludwig Marcuse dans son autobiographie « Mon vingtième siècle ».

SANARY CAPITALE DE LA SCÈNE ARTISTIQUE ALLEMANDE.

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Michèle Kahn.

La correspondance entre les deux amis démarre à la fin de la guerre, Max essaie de témoigner de sa descente aux enfers en compagnie de ses pauvres compagnons d’exil. Le petits village accueillit pas moins d’une cinquantaine d’entre eux. Plus ou moins longtemps.

Parmi eux se trouvaient par exemple Bertolt Brecht ,Lion et Marta Feuchtwanger, Alfred Kantorowicz , toute lafamille du prix Nobel Thomas Mann, Ludwig Marcuse, Franz Werfel et Arnold Zweig. Des peintres aussi comme Kisling ou Marx Ernst. Accueillis avec générosité en 1933, ils seront poursuivis à partir de 1940 et envoyés dans des camps comme celui des Milles où certains survivront dans des conditions épouvantables.

LA PETITE ET LA GRANDE HISTOIRE

Au delà de cette page d’histoire sinistre, sortie de l’oubli, merci à Michèle Kahn,  il s’agit bien d’un roman. L’histoire de ce jeune critique, enfant rejeté par sa mère qui finira par épouser la belle et sage Rosa. L’histoire du bonheur de l’Art et de vivre à Berlin, Cologne et Paris dans les années 30. A  lui, le rôle de l’historien, du témoin contre l’oubli. Et, il remplit sa mission parfaitement. Le personnage est balbutiant, étourdit, maladroit et terriblement attachant. Simple mortel intelligent spectateur de la monstruosité. La France entrant en guerre regardera ces réfugiés comme des ennemis.

 

FAIRE RECULER LA PEUR DE L’AUTRE ET LUTTER CONTRE LA HAINE

Solidement documenté, le passionnant récit de Michèle Kahn met en lumière la terrifiante bascule, le moment où l’étranger ami devient l’ennemi. Solidement appuyée sur des faits historiques, l’auteure nous emmène sur une réflexion éthique et philosophique. Quelle est notre capacité à accueillir des personnes fuyant un régime assassin? Rien n’est négociable, en fait, seule la solidarité entre personnes peut nous permettre d’échapper à la barbarie. En contrechamps, une leçon sur notre humanité en 2016 et ce que l’on pourrait perdre en la mettant dans notre poche.

Un soir à Sanary, Michèle Kahn, Le passage, 19€

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